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Saturday November 2021

« Schlammenfeld » - une mine à ciel ouvert reconvertie en réserve naturelle, partie 2

La première partie de cette trilogie sur la réserve naturelle « Schlammenfeld » communément appelé « Giele Botter », est consacrée à l’exploitation à ciel ouvert. Cette seconde partie est dédiée à sa reconversion en réserve naturelle (relire la première partie).

Dès 1950, on peut remarquer la richesse de la faune et de la flore, qui se sont développées dans des zones de la mine à ciel ouvert qui ne sont plus exploitées : et des spécialistes de la Société Royale de Botanique de Belgique viennent alors en admirer les trésors.

Après l’arrêt définitif de l’exploitation de la mine à ciel ouvert en 1978, des défenseurs de l’environnement s’investissent pour en faire une réserve naturelle.

[Orchidées pyramidales]

C’est le 20 novembre 1991, que le « Schlammenfeld » bénéficie d’une protection nationale et est déclaré réserve naturelle. Il s’agit de la première ancienne mine à ciel ouvert qui portera cette appellation au Luxembourg. Depuis, d’autres espaces semblables ont suivi, notamment dans les Communes de Dudelange, Rumelange, Kayl, Schifflange et Esch-sur-Alzette. Ces zones partagent les mêmes caractéristiques (pelouses sèches) et elles abritent un grand nombre d’animaux et de plantes rares, dont de nombreuses orchidées, plusieurs espèces de chauves-souris, d’amphibiens et de reptiles, des papillons et des oiseaux. La réserve du « Schlammenfeld » est d’ailleurs l’une des plus riches en espèces du pays. Pour en citer quelques-unes :

  • Oiseaux : alouette lulu, pipit des arbres, rougequeue à front blanc
  • Insectes : papillons de jour, papillons de nuit, abeilles sauvages , guêpes sauvages, mante religieuse…
  • Reptiles : lézard des murailles, lézard des souches, coronelle lisse, orvet
  • Plantes : au moins 15 espèces d’orchidées

Au « Schlammenfeld », le promeneur a la chance de clairement pouvoir encore distinguer les terrasses et les fronts de taille créées par l’exploitation minière. Peu importe la saison, cette réserve naturelle étonne toujours avec ses paysages très diversifiés.

D’une surface totale de 255 ha, la réserve naturelle comprend une zone noyau et une zone tampon. La grande valeur du site bénéficie aussi d’une protection européenne depuis 2004.  Une zone habitat protégée de 1.156 ha fait partie du réseau européen Natura 2000.

Pour compléter cet article nous avons rencontré M. Jan Herr.

Jan Herr, 43 ans, responsable des zones Natura 2000 anciens site miniers auprès de l’Administration de la nature et des forêts (ANF)

Après des études en biologie/écologie, Jan Herr s’engage en 2009 auprès de l’ANF et depuis 2018, il est responsable, notamment, de la conservation de la réserve naturelle du « Giele Botter ».

Jan Herr nous explique que pour conserver la prairie primaire (pelouses sèches), il faut entretenir les espaces sans quoi la succession naturelle aboutira au développement de véritables forêts. Garder intactes ces paysages uniques est très important, entre autres pour la sauvegarde des espèces. Ces biotopes sont assez rares. En effet, ailleurs au Luxembourg et en Europe, beaucoup de pelouses sèches ont soit été trop intensément exploitées et la biodiversité a disparu, soit elles sont laissées à l’abandon se transformant en forêt traditionnelle. Pour ce faire, l’ANF introduit, notamment, des moutons itinérants pour paître sur les différentes réserves naturelles de l’ancien bassin minier.

[Moutons itinérants]

Une des missions de l’ANF est de sensibiliser la population à bien respecter les réserves naturelles lors des promenades. Jan Herr, nous rappelle quelques règles essentielles afin de préserver la flore et la faune :

  • garder son chien en laisse de mars à fin septembre afin de protéger les oiseaux qui nichent au sol
  • rester sur les chemins définis, afin de ne pas déranger les animaux et/ou détruire la flore
  • emmener ses détritus
  • ne pas faire de camping ou de feux de camp
  • tenir son chien en laisse en cas de rencontre du troupeau de moutons itinérants afin de ne pas les effrayer

Réputé pour sa nature, le Luxembourg ne compte pour autant que 4% de zones déclarées réserves naturelles. 

 

Merci à Jan Herr pour sa précieuse collaboration.

[Vue sur les terrasses]

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