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Tuesday July 2019

Rencontre avec ... Marie-Louise Hopp

C’est en septembre 1946, alors âgée de 9 mois, que Marie-Louise arrive au Fond-de-Gras. Son père, accrocheur aux CFL, vient tout juste d’y être muté, bénéficiant d’un logement de fonction dans la gare toujours présente de nos jours.

Marie-Louise passe son enfance et sa jeunesse au Fond-de-Gras, ne quittant la vallée qu’en raison de son mariage.

Il y a quelques temps, nous avons rencontré cette femme charmante qui a bien voulu nous raconter ses souvenirs liés au Fond-de-Gras.

C’est donc à la gare que vit Marie-Louise, avec ses parents, son frère et sa sœur. La maison compte 4 chambres, un salon et une cuisine. A l’époque, l’actuelle pièce utilisée par les bénévoles du Train 1900 pour gérer le trafic ferroviaire, sert déjà de bureau à son papa.

 

Gare du Fond-de-Gras, maison d’enfance de Marie-Louise Hopp © Photothèque de la Ville de Luxembourg, Photo Théo Mey, 1953

Inutile de préciser que la bâtisse ne dispose pas d’eau courante et donc pas de toilettes. Mais une source coule à l’arrière, « la meilleure eau que j’ai pu boire » dit Marie-Louise, en précisant que parfois, sa maman la parfume en ajoutant de la confiture maison préparée avec les fruits du jardin. L’actuelle terrasse, à gauche de la gare, est alors un vaste potager entouré d’arbres fruitiers. A droite du bâtiment, une petite étable abrite des cochons et un clapier renferme plusieurs lapins. Quant à la cave, elle sert de fumoir et de réserve pour le lait et le beurre.

En 1966, Marie-Louise se marie, elle quitte alors le Fond-de-Gras. Mais ses parents y restent, même après l’arrêt de l’activité minière et ferroviaire. Elle y revient régulièrement, pour rendre visite à ses parents, accompagnée de sa propre famille. Ce n’est qu’en 1983 que son papa quitte à son tour le Fond-de-Gras, après le décès de son épouse.

Lors de l’entretien, Marie-Louise, nous a aussi précisé que près de 11 autres familles vivaient à la même époque au Fond-de-Gras. Mais tous les bâtiments qu’ils occupaient ont disparu ; tout au plus peut-on, de-ci de-là, remarquer les vestiges de quelques fondations. 

En écoutant Marie-Louise, nous avons été frappés par le ton serein avec lequel elle nous a raconté certaines anecdotes, qui témoignent d’une époque plutôt agréable. Alors que la vie quotidienne n’est pas toujours aisée dans la vallée, il règne une grande solidarité entre les habitants et les ouvriers. Les hivers sont rudes au Fond-de-Gras, et lorsque la neige tombe beaucoup, il n’est pas facile de se rendre à pied jusqu’à Pétange ou Rodange ; dès lors, il n’est pas rare que les machinistes des trains miniers acceptent de prendre certains voyageurs.

A l’époque, la plus grande partie du Fond-de-Gras n’est pas accessible pour les voitures. Marie-Louise se souvient aussi d’une livraison de nouveaux meubles pour sa maison. A l’époque, une voie ferroviaire passe juste derrière la maison, à hauteur du toit. Et c’est donc sur un train minier que les meubles sont acheminés jusque derrière le bâtiment, pour être transférés grâce à une échelle à travers une ouverture dans le toit.

 

Livraison de meubles au Fond-de-Gras © Photothèque de la Ville de Luxembourg, Photo Théo Mey, 1953

De nos jours, Marie-Louise revient régulièrement avec plaisir au Fond-de-Gras, se remémorant certains souvenirs sur la terrasse du café-restaurant « Bei der Giedel ».

 

 

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